de surprise en surprise

Quand j’ai soutenu mon mémoire de maîtrise dénonçant l’invisibilité du traducteur, en 2010, c’était sans me douter que cet automne démonterait mes thèses une à une… (il faut dire que je pensais même ne jamais réussir à exercer ce métier!). Comment aurais-je pu imaginer alors que des libraires passionnées décideraient de créer le festival Vo-Vf, qui donne la parole aux traducteurs et traductrices… et, surtout, qu’elles m’inviteraient à prendre place aux côtés de Serge Chauvin, traducteur d’Underground Railroad, de Colson Whitehead (Albin Michel), et de Valérie Gay-Aksoy, traductrice de Cette chose étrange en moi, d’Orhan Pamuk (Gallimard)? Comment aurais-je pu même concevoir que le livre que je venais présenter, Les huit montagnes, de Paolo Cognetti (Stock), recevrait un mois plus tard le Prix Médicis étranger? Et que, grâce au combat de l’ATLF et à la pugnacité de la traductosphère (#LesTraducteursExistent), aucun article de presse n’omettrait de citer mon nom, pourtant encore inconnu au bataillon, car, ne l’oublions pas, Les huit montagnes n’est que la deuxième traduction que je signe…? Et je ne vous parle pas de cette autre belle surprise: la sélection du Garçon sauvage, mon premier ouvrage, parmi les finalistes du Prix Pierre-François Caillé – récompense qui a été décernée cette année à Carole Fily pour sa traduction de l’allemand de L’Étrange Mémoire de Rosa Masur, de Vladimir Vertlib (Métailié), avec une mention spéciale pour Michelle Ortuno et sa traduction de l’espagnol de Baby spot, d’Isabel Alba (La Contre Allée).

Non vraiment, une fois n’est pas coutume, je suis très heureuse que l’expérience me donne tort! Alors merci, encore et toujours, à Paolo Cognetti qui m’a embarquée avec lui dans cette aventure. A toutes celles et ceux auxquels je dois cette succession de bonnes surprises, qui citent le nom des traducteurs, valorisent leur travail et leur donnent la parole. Et un merci particulier au jury du Prix Pierre-François Caillé, à Marion Ciréfice, pour ses Pérégrinations poétiques, à Claire Darfeuille et Salomé Kiner, pour Vo-Vf, et à Geneviève Bridel, qui m’a invitée à parler au micro de Versus-Lire, sur Espace 2 (en podcast dès lundi prochain!). Merci à toutes celles et ceux, aussi, que j’ai rencontrés à ces occasions. Ça donne envie de continuer.