Nouveaux jours de poussière

IMG_1876Étalées sur une table, dans une vague tentative d’organisation spatio-temporelle, voici les six sections qui composent Nuovi giorni di polvere, le recueil de poésie de Yari Bernasconi dont j’ai entamé la traduction au Collège des traducteurs de Looren la semaine dernière. Pour ma plus grande joie, l’ouvrage, qui s’intitulera sans doute  Nuovi giorni di polvere / Nouveaux jours de poussière, devrait paraître en 2018 dans la « Collection de poésie bilingue: une collaboration entre le Centre de Traduction littéraire (CTL), les éditions d’En bas et le Service Presse Suisse (SPS).

Comme j’aime l’idée de porter des œuvres qui me parlent, se parlent entre elles, s’entrechoquent et se répondent, j’ai eu envie de traduire ce livre parce qu’on y retrouve de cette magie qui m’avait frappée dans Le Garçon sauvage, mais aussi et surtout des thèmes qui m’occupent – l’exil, l’identité, la nostalgie d’un passé méconnu, fantasmé, les friches industrielles et l’état sauvage, la poussière du voyage, l’Europe, ses guerres, ses fantômes et ses frontières – le tout à travers un certain regard, empreint de mélancolie et de pudeur, qui a valu à Yari le Prix Terra Nova 2016 de la Fondation Schiller pour la Suisse italienne.

Cette traduction m’emmènera sur les sentiers et les routes d’Europe: en Irlande, en Estonie, à Berlin, sur la Warschauer Straße, et à travers la Suisse, alémanique, italienne, ferroviaire et frontalière… Mais avant d’embarquer vraiment, je ferais peut-être bien de relire L’Usage du monde de Nicolas Bouvier, un livre que les italophones ont connu à travers la traduction de Maria Teresa Gaveri. Son titre, là-bas? La polvere del mondo. Autrement dit, du monde, pas seulement l’usage* mais l’usure, la poussière.

 * lire à ce propos en italien : Nicolas Bouvier e l’uso del mondo, un article de Linnio Accorroni paru le 8 octobre 2006 sur Nazione Indiana